Mère et fils d'Aleksandr Sokurov

Au Musée de la civilisation.
Les jeudis 10 et 17 décembre 1998, 19 h 30

Programme rendu possible grâce au concours du Cinéma Parallèle (Montréal) et du distributeur Celluloïd Dreams (Paris).

Déjà considéré comme un classique de l'histoire du cinéma par les critiques d'Europe et d'Amérique, après plusieurs semaines de succès ininterrompu à Montréal, Antitube présente à Québec le film Mère et fils d'Alexandre Sokurov.

Mère et fils est une histoire d'amour à propos de l'affection profonde qui existe entre une mère et son fils. Histoire simple traitée à la manière des grands peintres romantiques, Mère et fils est un film unique qui fait appel à des jeux étonnants d'optique et de son afin de développer une véritable poétique cinématographique.

Mère et fils (Mat i syn)
Alexandre Sokurov, Russie/Allemagne, 1997, 73 min, v.o.r.,s.-t. f.
Interprètes : Aleksei Ananishnov et Gudrun Geyer.




Lydie Jean-Dit-Pannel. C’est son vrai nom!

Musée de la civilisation
Vendredi 11 décembre 1998,à 19 h 30

En collaboration avec le Consulat général de France à Québec.

Artiste invitée : Lydie Jean-Dit-Pannel

Profitant de son passage à Québec pour une rencontre artistique avec Robert Lepage, Antitube consacre une soirée de projection à Lydie Jean-Dit-Pannel, l'une des figures montantes de l'art vidéo en France. Née en 1966, cette artiste s'amuse de manière évidente avec les images et les sons, les couleurs et les mots.

Les yeux bleus vissés dans l'objectif de sa subjectivité, Lydie Jean-Dit-Pannel explore les méandres de la banalité afin d'en tirer des conséquences sans cause. S'y profile une aisance de maintien sur des vagues d'insouciance. Le jugement sur les êtres et les choses est caché. La mort est souvent présente, de façon gaie ou triste. La succession rapide d'inventaires et d'accumulations, de morceaux de vie, d'objets ou d'événements est typique d'une approche joyeuse et bariolée que l'on pourrait qualifier de «féminisme kitschotronique», finalement assez ressemblante de celle des jeunes vidéastes québécoises.

1968 titre provisoire chapitre premier,
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1994, 5 min 23 sec
Chapitre troisième
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1996, 27 min
Il a plu en automne 44, d'après le journal de Madame Suzanne Léger
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1994, 7 min
7 chants
Lydie Jean-Dit-Pannel, 1997, 4 min
Babel Z (prologue)
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1998, 1 min 30 sec,
Mille e tre
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1990, 21 min 53 sec
B.B.BATS
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1993, 3 min
J'ai rêvé que j'étais toi
Lydie Jean-Dit-Pannel, France, 1991, 3 min



Irit Batsry / Francisco Ruiz de Infante.
Avancées mondiales de l’art vidéographique.

Musée de la civilisation
Les mercredis 9 et 16 décembre 1998, 19 h 30
Oeuvres diffusées en version française.

Par une peinture vidéographique en mouvance continuelle soutenant des paroles et des mots d'une grande inspiration, Irit Batsry s'intéresse à des notions de transmission. Elle compare savoir et création à travers des données impressionnistes en faisant appel aux notions de mémoire et d'identité, individuelles et collectives.

Le travail de la vidéaste américano-israélienne Irit Batsry a été peu vu à Québec. Nous proposons un retour sur l'une des œuvres les plus importantes de la vidéo contemporaine où l'approche poétique n'est pas séparée d'une réflexion sur l'être social et où l'utilisation du médium vidéographique ne peut être vue comme une aventure isolée des autres formes d'expression. La narration prend souvent l'allure de lettres ou de soliloques. Le style visuel de Batsry se distingue par la fugacité de formes souvent noyées dans un flou volontaire, fabriqué par l'optique comme par l'électronique.

Stories from the Old Ruin,
Irit Batsry, États-Unis, 1986,
Leaving the Old Ruin,
Irit Batsry, États-Unis, 1986-1989,
Traces of a Presence to Come
Irit Batsry, États-Unis, 1993,
Scales
Irit Batsry, États-Unis, 1996,

Les loups,
Francisco Ruiz de Infante, France, 1995, version multilangue, sous-titres français,

Les loups est un magnifique long métrage vidéographique qui s'inscrit dans une série de bandes produites au Centre International de Création Vidéographique de Montbéliard tournant autour de la notion de Conte, qui renvoient directement à l'imaginaire collectif pour parler du présent.

« Il y a longtemps que j'essaie d'entrer dans les territoires troubles des peurs infantiles. Que j'essaie d'entrer dans une vision hallucinée de l'extérieur (les objets, les murs, les lumières, les ombres, les gens...). Que j'essaie d'entrer dans un état d'observation où il n'y a pas de lois : voir et entendre sans lois. [...] » Francisco Ruiz de Infante.



Hélène Roy, singulière et collective

Musée de la civilisation
Vendredi 4 décembre 1998, 19 h 30

Artiste invitée : Hélène Roy
Soirée hommage consacrée à l’une des fondatrices de Vidéo Femmes, en marge du 25e anniversaire de l’organisme. Présentation des œuvres en présence d’Hélène Roy. Rédaction des notes de programme à partir d’une entrevue biographique avec Hélène Roy.

Peu connue du public d'aujourd'hui, cette femme a pourtant œuvré depuis 1964 sur tous les fronts de la promotion de la culture du cinéma, du théâtre et de la vidéo à Québec. Cofondatrice, en 1975, du Centre La femme et le film qui allait devenir Vidéo Femmes, elle fut appelée à coordonner le Festival des Filles de vues, puis La Mondiale de films et de vidéo, deux des plus importants festivals consacrés aux œuvres de femmes au Québec.

En égard à la constance d'engagement dont cette femme singulière fait preuve, à la fois praticienne et organisatrice, Hélène Roy méritait, en marge du 25e anniversaire de Vidéo Femmes, cet hommage qu'une organisation sympathisante mais extérieure au travail du collectif pouvait lui témoigner.

Nous avons projeté, au cours de cette soirée, les deux premières réalisations vidéographiques d'Hélène Roy qui datent de la période de la grande explosion de la parole féministe des années soixante-dix.
Programme : deux bandes importantes de la vidéographie d'Hélène Roy, qui témoignent de son engagement pour les autres et de sa sensibilité.

Histoire des luttes féministes au Québec
Hélène Roy et Louise Giguère, Québec, 1980, 38 min
Avec Michèle Jean, historienne.
Une nef... et ses sorcières
Hélène Roy assistée d'Hélène Bourgault, Helen Doyle et Nicole Giguère, Québec, 1977, 53 min
Avec Françoise Berd, Marthe Blackburn, Marie-Claire Blais, Nicole Brossard, Michèle Craig, Louisette Dussault, Marcelle Ferron, Marielle Fleury, Odette Gagnon, Luce Guilbault, Marie Lalonde, Michèle Magny, Pol Pelletier, France Théoret et le Théâtre du Nouveau Monde.

Cela se passait à une époque où le simple fait de dire était déjà une revendication politique. La prise de parole des femmes a dû passer par une certaine quantité de révoltes nécessaires. Vidéo Femmes a participé à ce changement et a enregistré des traces pour la postérité.



Écrin de Genèses
Musée de la civilisation
Les mercredis et jeudis, du 26 novembre au 3 décembre 1998


Événement cinématographique et vidéographique consacré à l’Île-aux-Coudres à travers l’histoire du documentaire québécois.

Conférencier invité : Paul Warren, professeur de cinéma et essayiste.(26 novembre)
Artiste invité : Pierre Perrault, cinéaste-poète. (26 novembre)
Présentation et échanges avec le public. Programmation rendue possible grâce à la collaboration du Musée de la civilisation, de l'ONF, de Cinéma Libre, d'Antoine Laprise et de Pixcom.

Autour de l'Île-aux-Coudres, retour sur une trilogie importante du cinéma québécois : gestation, présentation et descendances. Œuvres de René Bonnière, Pierre Perrault, Bernard Gosselin, Denys Desjardins et Antoine Laprise.

«L'essence de la poésie n'est-elle pas politique ?» Gianni Toti, Planétopolis

Le cinéma de Pierre Perrault voit la lumière dès l'année 1959-1960 par la série Au pays de Neufve-France qu'il adapte à partir de ses enquêtes radiophoniques avec la collaboration du cinéaste René Bonnière. D'Au pays de Neufve-France, nous retiendrons les films que ces deux cinéastes ont consacrés à l'Île-aux-Coudres.

Nous avons voulu par cette programmation illustrer la filiation entre ces films du début, les trois films de la trilogie de l'Île-aux-Coudres, Pour la suite du monde (1963), Le règne du jour (1967) et Les voitures d'eau (1968), qui utilisaient aussi les témoins des séries radiophoniques que Pierre Perrault diffusait durant les années cinquante sur les ondes de Radio-Canada, tels Marie et Alexis Tremblay, ainsi que deux autres films qui, à leur tour, font apparaître l'un ou l'autre des témoins des films de Perrault, Le canot à Renald à Thomas (1980) de Bernard Gosselin et La dame aux poupées (1996), un court métrage de Denys Desjardins, puis deux courtes vidéos que le comédien journaliste Antoine Laprise a récemment réalisées sur l'Île.

L'écrin de genèses, c'est l'Île-aux-Coudres elle-même à partir du portrait tracé par Perrault. «L'Île» devenue mythique, au creux du Saint-Laurent utérin, par la splendeur de ses paysages certes, mais aussi par les fantasmes d'authenticité qu'elle a pu susciter, à un moment donné de l'histoire du Québec où s'opposaient plusieurs avenues identitaires.

Le cinéma de Perrault est pris entre l'ethnographie argumentaire et la construction réticulaire, film après film, d'un système de conscience politique renouvelée. Une telle situation oblige le cinéaste à choisir l'excuse du sauvetage. Les images fortes sont les plus silencieuses et s'imposent comme des moments introspectifs au milieu du flot interrompu des paroles et des musiques. Deux points d'ancrage visuel portent ces moments : le visage en gros plan et le lent panoramique sur le paysage. Le lien est ainsi facile à faire : l'habitant, la terre, le fleuve. Chez Perrault, le temps filmique primordial est celui qui est soumis au rythme de l'oralité, des bribes de souvenirs, saufs sous les labels de «l'authenticité» ou du «cinéma vécu de l'intérieur», conjurateurs d'un présent à améliorer.

Ces «discours de la parole» ne sont donc pas univoques. C'est pourquoi ils sont souvent laissés en opposition. En cela, ils possèdent une subversion explicite par le fait qu'ils ne correspondent pas toujours aux idées reçues sur le pays que véhiculent les élites urbanisées de la Révolution tranquille au moment de la réalisation du film. C'est justement ce que semble chercher Pierre Perrault. Il s'agit, dès lors, de réactiver la mémoire et de relire le passé afin de redéfinir la destinée du Québec, à partir de balises antérieures à l'émulation économiste et tranquille que vivent les contemporains des années soixante. Avec Perrault, nous nous trouvons devant une relecture profonde d'une identité trop rapidement refoulée par l'idéologie de rupture prévalant à la conception de l'idée de la Révolution tranquille, soutenant toute révolution politique et sociale.

Nous ferons suivre la trilogie de l'Île-aux-Coudres de deux films qui ont recours eux aussi à quelques-uns des témoins des films susmentionnés et qui passent outre, chacun à leur manière, les limites non voulues franchissables par Perrault : soit le passé pour le passé, lorsque que l'on veut à tout prix sauver ce qui, inexorablement, disparaît; et la tendance à déguiser en fiction spectaculaire une réalité intime héritière d'une culture qui nous est étrangère. Nous observons dès lors deux autres façons de mettre en scène les témoins d'un film, à partir pourtant d'un même terrain social.

Il s'agit d'une programmation critique, qui tourne autour de la notion de témoin et de son utilisation dans le documentaire contemporain. Tout d'abord, Alexis Tremblay et Marie Tremblay, le couple vedette que l'on suit à travers les films de l'Île-aux-Coudres de Pierre Perrault, puis leurs enfants Léopold et Annette, que l'on retrouve aussi dans les films d'autres cinéastes.

Au pays de Neufve-France. La traverse d'hiver à l'Isle-aux-Coudres
René Bonnière, Montréal, 1960, 29 min 26 sec
Scénario et texte : Pierre Perrault.
Avec Alexis Tremblay.
Pour la suite du monde,
Pierre Perrault, Michel Brault et Marcel Carrière, Montréal, 1963, copie 35 mm, 105 min 22 sec
Avec Alexis Tremblay, Marie Tremblay, Grand Louis Harvey, Léopold Tremblay, Abel Harvey.
Migueldi di Oro, premier prix du 5e Festival international du film documentaire, Bilbao, Pays basque, Espagne, 1963. Viking d'or, Grand Prix de la Semaine internationale du film, Évreux, Normandie, France, 1964. Mention du jury, catégorie long métrage, 15th Annual Canadian Film Awards, Toronto, Ontario, 1964. Special Award, 15th Annual Canadian Film Awards, Toronto, Ontario, 1964. Canadian Film of the Year, 15th Annual Canadian Film Awards, Toronto, Ontario, 1964. Chris Statuette Award, premier prix du 14th Annual Columbus Film Festival, Columbus, Ohio, USA, 1966. Diploma of Merit, Melbourne Film Festival, Queensland, Australie, 1967.
Le règne du jour, ,
Pierre Perrault, Montréal, 1967, 118 min 19 sec
Avec Alexis Tremblay, Marie Tremblay, Léopold Tremblay, Marie-Paule Tremblay, Jean-Paul Tremblay, Blanchon, Louis Harvey, Françoise Montagne, Raphaël Clément, Louis Brosse, Robert Martin, Louis Lemarchand.
Meilleure photographie, 17th Canadian Film Awards, Toronto, Ontario, 1968. Meilleure prise de son, 17th Canadian Film Awards, Toronto, Ontario, 1968.
Les voitures d'eau, 1968, Pierre Perrault, 110 min 33 sec
Avec Alexis Tremblay, Marie Tremblay, Louis Harvey, Laurent Tremblay, Fernand Dufour, Éloi Perron, Paul Anctil.
Le canot à Renald à Thomas
Bernard Gosselin, Montréal, 1980, 57 min 51 sec
Avec Léopold Tremblay.
Gerbe D'or, catégorie technique, Festival du court métrage et de la vidéo, Yorktown, Saskatchewan, 1980. Prix de l'organisation mondiale du tourisme (O.M.T.), Festival international du film de tourisme et de folklore, Bruxelles, Belgique.
La dame aux poupées
Denys Desjardins, Montréal, 1996, 15 min
Avec Annette Boudreault, Léopold Tremblay.
Prix de l'Association Québécoise des Critiques de Cinéma, meilleur court métrage québécois, Rendez-vous du cinéma québécois Montréal, 1997.
Trois personnages de l'Île-aux-Coudres
Antoine Laprise, Montréal, 1998, 8 min



Revers d’univers. Le théâtre de la douleur de Donigan Cumming

À la Salle Multi de Méduse
Vendredi 13 novembre 1998
En collaboration avec le Centre Vu

Artiste invité : Donigan Cumming

Une première projection, à Québec, des premières bandes du célèbre photographe montréalais. Présentation des œuvres par Donigan Cumming suivie d'échanges nombreux avec le public par la suite.

L'œuvre vidéo de Donigan Cumming, c'est la mise en mouvement d'un univers terrible, celui d'un artiste partagé entre la confection d'un théâtre de la douleur (plus que de la cruauté) et un hommage à «la beauté des choses laides». Le travail vidéographique du photographe montréalais Donigan Cumming fait le lien avec un nouveau public et utilise l'humour pour construire diverses trames narratives. Elle pose aussi la question, essentielle de nos jours, des limites de la vie privée lorsque, récupérée par un jeu de miroir médiatique, elle se transforme en spectacle, c'est-à-dire en système de pouvoir et de réflexion. Donigan Cumming travaille avec ses modèles qui sont, dans la plupart des cas, des amis proches.

Karaoke
Donigan Cumming, Montréal, 1998, 3 min
Un homme vieux et mal portant écoute une chanson entonnée dans l'intimité de sa chambre. La caméra explore les replis de l'être avec une impudeur appliquée.
Confrontant le paysage sonore et le paysage corporel, Karaoke est une bande qui transgresse les interdits, à la fois grotesque et fascinante.

A Prayer for Nettie,
Donigan Cumming, Montréal, 1996, 34 min, v.o.a., s.-t.f.
Avec Donigan Cumming, Nettie Harris.
À la mémoire de Nettie Harris, une femme âgée qui a travaillé comme modèle pour Cumming entre 1982 et 1993, plusieurs personnes, dont quelques-unes ne la connaissant pas, improvisent une série de prières et échangent des souvenirs après sa mort. Ces invocations ferventes sont peu à peu sapées par leur indifférence, leur étourderie et la présence de la caméra. Au cours de ce curieux recueillement, allongée dans son cercueil, Nettie ouvre les yeux.

After Brenda
Donigan Cumming, Montréal, 41 min 3 sec, 1997, v.o.a., s.-t.f.
Avec Pierre Lamarche, Brenda Jardine, Mina Putugu, Nelson Coombs, Gilles Lacroix, Donigan Cumming, Colin Kate. Musique : Jean Leloup.
Le style d'improvisation de Donigan Cumming transgresse les frontières de la tragédie et de la comédie, du drame et du documentaire. Dans After Brenda, Cumming redéfinit le genre de la romance populaire. Son héros abject est Pierre, un cinquantenaire qui a tout perdu au nom de l'amour. Il est sans-abri et à la dérive, un invité non désiré qui n'a rien d'autre à offrir qu'une histoire.

Cut The Parrot
Donigan Cumming, Montréal, 1997, 40 min v.o.a., s.-t.f.
Avec Donigan Cumming, Gerald Harvey, Geoffrey Bates, Beatrice Johnson, Elizabeth Barclay, Susan Thomson, James Carter, Gordon Alexander.

«La police a appelé. Ils ont laissé un message sur le répondeur. Ils ont dit qu'il était mort. La cassette dévide ses histoires de loyers payés avec du sexe, de corps non réclamés, de brûlures de cigarettes et d'autres monuments de vie passée à courir d'un mur à l'autre. Coupez le perroquet regroupe trois comédies grotesques en une : l'histoire de Gerry, de Susan et d'Albert. La bouche des interprètes déverse des chants d'espoir et de douleur. C'est le règne de l'imposture». Texte de Donigan Cumming traduit par Jérôme Blanchet.




Man Ray, directeur du mauvais movies

Au Musée de la civilisation
Vendredi 23 et samedi 24 octobre 1998

En collaboration avec le Festival du Nouveau Cinéma et des Nouveaux Médias de Montréal (FCMM), le Centre Georges-Pompidou et le Musée de la civilisation.

Conférencière invitée : Isabelle Ribadeau-Dumas du Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou, Paris.
Le retour à la raison
1923, 16 mm, 2 min 48 sec, noir et blanc, muet.
Avec Kiki de Montparnasse (Alice Prin). Réalisé par Man Ray, projeté pour l'ultime soirée Dada à Paris dite «Soirée du cœur à barbe» du 6 juillet 1923. Vitesse : 16 images/seconde.
Emak Bakia
1926, 35 mm, 19 min 43 sec, noir et blanc, avec accompagnement musical.
Avec Rose Wheeler, Kiki de Montparnasse (Alice Prin), Jacques Rigaud. Caméra : Jacques-André Boiffard. Produit par Arthur et Rose Wheeler. Vitesse : 16 images/seconde.
L'Étoile de mer
1928, 35 mm, 17 min 9 sec, noir et blanc, avec accompagnement musical.
Avec Kiki de Montparnasse (Alice Prin), André de la Rivière, Robert Desnos. Assistant : Jacques-André Boiffard. D'après un poème de Robert Desnos. Vitesse : 16 images/seconde.
Essai cinématographique : rue Campagne première, 1923-1929, 35 mm, 48 sec, muet. Vitesse : 16 images/seconde.
Essai cinématographique : Corrida
1929, 16 mm, 4 min 23 sec Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique : Autoportrait ou ce qui manque à nous tous
1930, 16 mm, 5 min 29 sec
Avec Lee Miller et Man Ray. Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique: Poison
1933-1935, 35 mm, 3 min 19 sec
Avec Meret Oppenheim et Man Ray. Vitesse : 18 images/seconde.
Les mystères du Château du dé
1929, 35 mm, 26 min 23 sec, noir et blanc teinté (version récemment découverte et restaurée), avec accompagnement musical.
Avec Alice de Montgomery, Eveline Orlowska, Bernard Deshoulières, vicomte Charles de Noailles, vicomtesse Marie-Laure de Noailles, Marcel Raval, Lily Pastré, comte Étienne de Beaumont, M. and Mrs. Henri d'Ursel, Jacques-André Boiffard, Man Ray. Assistant : Jacques-André Boiffard. Produit par le vicomte de Noailles. D'après un poème de Stéphane Mallarmé sur une architecture de Robert Mallet-Stevens. Vitesse : 16 images/seconde. Format de projection : 1:33.
Les chutes des Mystères du Château du dé
1929, 35 mm, muet, 18 min 45 sec Vitesse : 16 images/seconde. Format de projection : 1:33.
Essai cinématographique : L'Atelier du Val de Grâce, 1935, 16 mm, muet, 1 min 45 sec Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique : Course landaise
1937, 16 mm, couleur, 6 min 29 sec Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique : La Garoupe
1937, 16 mm, 8 min 52 sec
Avec Pablo Picasso, Paul Éluard, Nusch Éluard, Cécile Éluard, Emily Davies, Valentine Penrose et Roland Penrose. Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique. : Ady
1938, 16 mm, 49 sec Avec Ady Fidelin et Man Ray. Vitesse : 18 images/seconde.
Essai cinématographique : Dance
1938, 16 mm, 5 min 30 sec
Avec Jenny.
Vitesse 18 images/secondes.
Essai cinématographique : Juliet
1940, 16 mm, 3 min 14 sec
Avec Juliet Browner et Man Ray, tourné à Hollywood. Vitesse 18 images/seconde.
Essai cinématographique : Two Women
non daté, 16 mm, 4 min 2 sec Vitesse : 18 images/seconde.

Man Ray, Monsieur 6 secondes
Jean-Paul Fargier, France, 1998, 52 min
Lee Miller ou la traversée du miroir
Sylvain Roumette, France, 1995, 55 min



En présence de Robert Morin...QUICONQUE MEURT, MEURT À DOULEUR

Au Tam Tam Café, Boulevard Langelier, à Québec
Vendredi 30 octobre 1998, 19 h 30

En collaboration avec Folie/Culture et le Tam Tam café.

Artiste invité : Robert Morin.
Seconde présentation publique de son dernier long métrage en présence du réalisateur. Après la projection, débat de soixante minutes entre le réalisateur et son public.

Quiconque meurt, meurt à douleur
Robert Morin, Montréal, 1997, 90 min



L’affaire Robert Morin: fictionologue et documenteur

Au Musée de la civilisation.
Les mercredis et jeudis, du 30 septembre au 22 octobre 1998, 19 h 30,

Une rétrospective consacrée au vidéaste et cinéaste Robert Morin, la première depuis 1991.
Cinéaste unique dans l'histoire des images au Canada, Robert Morin n'avait pas fait l'objet, à Québec, d'une programmation entièrement dédiée depuis 1993, et jamais de l'ampleur de celle que nous proposons.

Gus est encore dans l'armée
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1980, 20 min

Gus nous raconte son histoire filmée à l'aide d'une caméra super 8. «Je suis entré dans l'armée pour voir du pays. J'ai vu le nord de l'Ontario pendant un exercice de guerre. Dès les premiers jours de cette fausse guerre, je suis tombé amoureux d'un autre soldat (...)» Raconté sur le ton du témoignage, Gus est encore dans l'armée est une farce conçue pour «mener en bateau». La fusion du ton de la narration et de l'image documentaire consolide une fiction dont seules les outrances peuvent nous faire douter de la véracité, dans la tradition des «vertiges de la banalité».

Quelques instants avant le nouvel an,
Robert Morin et Yvon Leduc, Montréal, 1986, 25 min

La veille du Jour de l'An, Gilles, un handicapé mental trouve refuge dans une maison de chambre. Son chambreur l'incite à boire pendant qu'à la télé des émissions américaines célèbrent la décennie fantastique des années soixante-dix, à coup de catastrophes planétaires et de danse disco. De plus en plus saouls, commentant les images, les deux individus n'ont que l'énergie de leur révolte endormie par la bière. Film tourné en 1981.

La femme étrangère
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1988, 25 min
Prix spécial du jury, Festival de Nantes, 1990.

Une femme a jadis été enlevée à sa tribu par des Indiens d'une tribu adverse, en Amazonie. Son histoire nous est racontée.
Entièrement tourné au Brésil, ce documentaire étonnant approche la vérité par des stratagèmes récurrents dans l'œuvre de Morin, comme le voyeurisme ou la recomposition fictive d'une action. Cette fois, cependant, le terrain paraît plus humide que d'habitude.

Preliminary Notes for a Western
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1989, 22 min 5 sec, v.o.a.

Quels sont les éléments nécessaires à la réalisation d'un bon western ? Un western est avant tout un genre où la personnalité de l'auteur s'efface devant un monde prévisible voulu tel par les spectateurs. Pour faire un western, Morin conçoit sa cuisine avec les condiments d'usage : un cow-boy, un sherif, une prostituée au grand cœur, etc. Ses comédiens sont de véritables gens de l'Ouest. Il tourne en Alberta. Jusque-là, tout va bien.
Dans ce monde où les hommes ont tendance à vouloir se reproduire entre eux pour échapper à la mère, Morin introduit un élément subversif. Toutes les scènes de ce western sont traduites par les commentaires d'une observatrice hors champ qui ironise sur les prétentions aveugles des mâles à chevaux.

Quiconque meurt, meurt à douleur
Robert Morin, Montréal, 1997, 90 min

«Quiconque meurt, meurt à douleur». François Villon

Une descente de police dans une «piquerie» tourne au bénéfice des assiégés. Un cameraman de la télé et deux policiers sont pris en otage. Le siège s'installe. Mais les réserves de drogue s'épuisent...
Ce film, au dire de Morin, peut être abordé comme une parabole du destin collectif du Québec des quarante dernières années. «Je ne voulais pas faire un film sur la dope comme tel, j'voulais faire un film politique. C'est-à-dire comment les gens qui sont dans la dope voient la société. On les met en marge, et de la marge, ils ont une vision bien particulière de la société. C'est ça qui m'intéressait.» Robert Morin, propos recueillis par Bryan Dionne, L'Itinéraire, mars 1998.
Les rôles sont tenus par des «ex-junkies», comédiens particulièrement inspirés, qui ont aussi collaboré à l'écriture et à la conception du scénario. Dans ce film, «l'illusion du réel» dure jusqu'à la fin. Le résultat est fulgurant. Cadrage et son développent une force évocatrice qui soutient l'action. Dans un huis-clos, encerclés, les exclus crient et vomissent leur critique sociale au nez des dominants, en sachant pourtant que la fin sera violente.

On se paye la gomme
Robert Morin et Marcel Chouinard, Montréal, 1984, 25 min

Deux couples d'amis festoient avec leurs enfants. Un documentaire sur la ville d'Acapulco qui passe à la télé leur donne l'idée de regarder un film de leurs vacances au Mexique. On les voit dès lors s'amuser dans la piscine de l'hôtel ou en goguette dans les quartiers pauvres sous le regard ahuri des habitants. Leur situation de vacanciers les conduit même à considérer les enfants affamés comme des objets ou de petits animaux. Soudain, on sonne à la porte. Une famille de Mexicains demande à utiliser le téléphone...

Tristesse modèle réduit
Robert Morin, Montréal, 1987, 83 min 18 sec
Prix de la qualité technique de la Société générale des entreprises culturelles, 1989. Prix Alberta-Québec, 1989. Acquis par le Museum of Modern Arts (MOMA), New York, 1989.

Jeannot est trisomique. Comme un oiseau exotique prisonnier dans un univers de banlieue, il est infantilisé par ses parents qui lui refusent le droit aux responsabilités. Pauline, une jeune femme que ses parents engagent pour s'occuper de lui, va le libérer de son statut de bibelot mongolien et l'aider à s'épanouir.
Bien avant Jaco Van Dormael dans Le Huitième Jour, Robert Morin a engagé un enfant trisomique afin de jouer un rôle de composition mettant en jeu les situations vécues de sa vie réelle. Le personnage ainsi campé sert de révélateur à plusieurs mensonges sur lesquels semble bâtie la convention sociale des banlieues résidentielles. Il nous est également démontré que certains modes de vie sont sans doute plus aliénants pour l'esprit que de supposés handicaps de naissance. Yvon Leduc est le seul comédien «amateur» de ce film, ce qui a pour conséquence d'accentuer l'effet d'exclusion. La sensation d'aseptisation de cet environnement suburbain contemporain, «sur-naturel» au sens propre, est d'ailleurs rehaussée par le travail conjugué de la conception sonore, de la direction artistique et de la direction photo.

Requiem pour un beau sans-coeur
Robert Morin, Montréal, 1992, 92 min
Prix L-Ernest Ouimet/Molson pour le meilleur long métrage, décerné par l'Association québécoise des critiques de cinéma, 1992. The Toronto City Award for Best Canadian Feature, Festival of Festivals, 1992. Prix du meilleur scénario de la SARDEC, Rendez-vous du cinéma québécois, 1993. Sélection officielle pour la semaine de la critique, Cannes, 1993. Mention spéciale pour le scénario, Festival international de Vancouver, 1992.

Le jeune Mathieu rend visite en prison à son père qu'il n'a pas vu depuis cinq ans. Au moment de sa visite, Mathieu est témoin de l'évasion de ce père, Régis Savoie, un criminel condamné à 25 ans de prison qui n'a plus rien à perdre. Débordant de vie et d'imagination, courageux, Savoie voudra profiter pleinement des jours de liberté qui s'offrent à lui, tout en réglant ses comptes. Huit personnes, sa mère, sa blonde, ses amis se remémorent, chacune à sa manière avec leurs mensonges volontaires et leurs affabulations, les événements qui ont entouré les trois derniers jours de la vie de Régis Savoie.

L'histoire débute en prison alors que...

Ce premier long métrage cinématographique de Robert Morin joue sur les limites relatives de toute interprétation humaine et les utilise. Scénario d'une grande richesse, scènes violentes d'une crudité rarement atteinte, caméra vive et mobile, jeu admirable des comédiens, foisonnement des plans : tout concourait à faire de ce film l'une des œuvres les plus célébrées de Morin.

Le voleur vit en enfer
Robert Morin et Lorraine Dufour. Montréal, 1984, 20 min

Un homme vient de perdre son emploi. Il est obligé de faire appel à l'aide sociale. La baisse considérable de revenu l'oblige à changer de quartier. Confiné à son nouvel appartement qui possède des fenêtres sur trois côtés, il se met à espionner son nouveau voisinage à l'aide d'une petite caméra qu'il possède. Peu à peu, le monde extérieur qu'il trouvait étrange devient pour lui un objet de peur et d'obsessions. Le voyeur misanthrope voit en enfer.
Un chef-d'œuvre de la vidéographie québécoise, avec la caméra parlante qui fictionne en action. Morin, le double et son même, à la fois personnage et réalisateur.

La Réception
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1989, 77 min

Dix ex-détenus sont conviés à une réception par un ami commun dans une vaste maison située sur une île isolée. L'un d'entre eux est un cameraman qui est chargé de filmer l'action. C'est alors que s'abat une tempête de neige sur la région. Un meurtre survient, puis un second... La tension monte. Adaptation libre du roman Les dix petits nègres d'Agatha Christie. L'une des bandes les plus célèbres de Morin.

Windigo
Robert Morin, Montréal, 1994, 97 min
Prix du meilleur film de l'Office des communications, 1995. Prix Québec-Alberta, innovation cinéma, 1995.

Un groupe d'Amérindiens, menés par Eddy Laroche, vient de déclarer son indépendance de la Confédération canadienne et prend possession d'un territoire grand comme la Belgique. Un reporter télé désabusé, Jean Fontaine, s'embarque sur un vieux bateau rouillé qui remonte la rivière Windigo afin de fournir un reportage à ses patrons de Montréal. Il s'enfonce dans la contrée à la rencontre des sécessionnistes. Alors commence «la croisière du gros nerf».
Transposition en Haute-Gatineau du roman Heart of Darkness de Joseph Conrad qui inspira aussi Orson Welles, Heart of Darkness (non réalisé), Francis Ford Coppola / John Milius, Apocalypse Now (1979) et Nicolas Roeg, Heart of Darkness (1996).

Ma richesse a causé mes privations
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1982, 26 min

Nous découvrons la vie quotidienne d'un culturiste, chez lui en présence de sa compagne, dans le studio d'entraînement qu'il possède ou à l'occasion d'un concours. Son cadre culturel et social nous est brossé avec humour sans condescendance. Une séquence de miroir annonce d'autres œuvres de Morin où ce magnifique objet de réflexion agira activement dans l'action. Un document sur un individu réel confronté à une vie fictive qu'il s'est lui-même forgée.

Toi, t'es-tu lucky ?,
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1984, 25 min

Pierre est nain, il vit dans une famille de nains. L'anniversaire de mariage de ses parents leur a permis de resserrer les liens familiaux. Mais Pierre ne veut pas être lutteur ou clown comme son père. Il rêve d'une vie normale, il est amoureux.

Le Royaume est commencé,
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1980, 52 min

Nous assistons aux préparatifs d'un mariage entre deux amis d'enfance. Lui est garagiste et champion local de l'équipe de «roller derby». La cérémonie est célébrée une semaine après les funérailles du père de Léopold. Derrière l'autel de l'église où a lieu leur union, une banderole est tendue sur laquelle est inscrit : «Le Royaume est commencé». Après quelques épisodes orageux d'acclimatation à la vie commune, un feelings à l'«organ» viendra sauver le couple.

Le mystérieux Paul
Robert Morin et Lorraine Dufour, Montréal, 1983, 26 min 30 sec

L'Oncle Pierre nous présente le Mystérieux Paul, un avaleur de couteaux à la retraite. Il a travaillé au Cirque Vegas et au Cirque Barnum durant sa jeunesse à Montréal, dès l'âge de douze ans. Maintenant, il est veilleur de nuit. Il écoute le «Voyage intérieur» à la radio. Bien que son médecin et sa famille lui interdisent désormais d'avaler couteaux et lampes au néon, il a développé pour son ancien métier une dépendance de drogué.

Yes Sir! Madame
Robert Morin, Montréal, 1994, 75 min
Prix de la meilleure vidéo, Rendez-vous du cinéma québécois, 1995. Grand Prix de la Ville de Genève, 6e semaine internationale de la vidéo, 1995. Grand Prix de la vidéo, International Festival of New Film and Video of Croatia, 1996.

En direct de son salon, Earl Tremblay nous commente un film de famille dont il change régulièrement les bobines, le film de sa vie. Né de père francophone et de mère anglophone, il se raconte à travers les mots doubles de son ascendance, à moitié en anglais, à moitié en français. Du bord de mer de sa gaspésienne naissance, nous passons rapidement à la jungle montréalaise où il connaît de nombreuses aventures. La division fondamentale que lui apporte sa culture bilingue aura sur lui des effets surprenants.
Dans cette œuvre magistrale sur la question de l'identité, à l'aide de sa caméra ultrasubjective, Robert Morin explore les liens vicieux qui unissent Nation et Narration. Tout entière axée sur le thème du double, l'œuvre nous livre un jeu de miroirs à plusieurs niveaux de signification. Yes Sir! Madame est une charge acidulée contre la schizophrénie canadian/canadienne. Virtuose.

Antitube remercie Film Tonic, la Coop Vidéo de Montréal et le Vidéographe de l'aide apportée à l'organisation de cette rétrospective



La Conquete du Grand Écran

Au Musée de la civilisation
Samedi 26 septembre 1998, à 14 h 00

En collaboration avec le Musée de la civilisation et l'Association des cinémas parallèles du Québec.

Conférenciers invités : Luc Dumont et Gabriel Rochette.

Activité proposée dans le cadre des journées de la culture : présentation du film et tenue d’un atelier sur l’histoire du cinéma.

La conquête du grand écran
André Gladu, Montréal, 1996, 105 min

Ce film est un hommage à cinq personnalités marquantes de l'histoire du cinéma au Québec : le pionnier frondeur Léo-Ernest Ouimet, le tandem de producteurs Joseph-Alexandre De Sève et Paul L'Anglais, les révolutionnaires tranquilles Claude Jutra et Denys Arcand. Chacun de ces individus représente un courant particulier de l'histoire du cinéma québécois : la fondation, la parole, l'affirmation identitaire, le rayonnement international. Leur contribution est mise en contexte et complétée par des témoignages d'artisans et des extraits de films représentatifs de la production cinématographique de leur époque. Les images sont en grande partie tirées de films, de reportages, de reconstitutions d'époque, d'archives familiales, de témoignages et de photos. Nous suivons aussi l'évolution des techniques indissociable de celle des discours idéologiques. Ce film trace l'histoire de l'appropriation d'un mode d'expression, générateur de relativisme et d'ouverture sur le monde. Appropriation qui ne pouvait déboucher que sur le changement social. Nous avons proposé cette œuvre dans le cadre des Journées de la culture et nous avons conçu une activité d'animation qui précédait le film.



D’Un Festival à l’Autre… Cannes

Au Musée de la civilisation.
Du 28 au 31 août 1998

En collaboration avec le Consulat de France et l'Ambassade de France à Ottawa.
La bataille du rail
René Clément, France, 1946, 85 min
Prix du jury international et Grand prix international de la mise en scène, Cannes, 1946.
Les vacances de Monsieur Hulot
Jacques Tati, France, 1953, 116 min
Les 400 coups
François Truffaut, France, 1959, 93 min
Prix de la mise en scène, Cannes, 1959.
Un homme et une femme
Claude Lelouch, France, 1966, 147 min
Palme d'Or, Cannes, 1966. Oscar du meilleur film étranger, 1966. Oscar du meilleur scénario original, 1966. Golden Globe du meilleur film étranger, 1966. Golden Globe de la meilleure actrice (Anouk Aimée), catégorie drame. Quarante autres récompenses internationales.
Les choses de la vie
Claude Sautet, France, 1969, 105 min
Le dossier 51
Michel Deville, France, 1978, 108 min
Un dimanche à la campagne
Bertrand Tavernier, France, 1984, 94 min
Prix de la mise en scène, Cannes, 1984.
Thérèse
Alain Cavalier, France, 1986, 90 min
Prix du jury, Cannes, 1986. César du meilleur film, Cannes, 1986.
Cyrano de Bergerac
Jean-Paul Rappeneau, France, 1990, 135 min
Prix d'interprétation masculine (Gérard Depardieu), Cannes, 1990. Prix de la technique (Pierre L'Homme, directeur photo), Cannes, 1990. Oscar des meilleurs costumes (Franca Squarciapino), 1991. Prix de la meilleure direction artistique, European Film Award, 1990. Prix du meilleur film étranger, Golden Globe, 1991.
Van Gogh
Maurice Pialat, France, 1991, 155 min



Mesdames et Messieurs, Antitube présente le phénoménalabracadabrant Cinéma du Cirque au Musée de la civilisation

Au Musée de la civilisation
Les mercredis et jeudis, du 5 août au 26 août, à 19 h  séances au cours du mois d'août 1998

En accompagnement de l'exposition Circus Magicus présentée par le Musée de la civilisation en collaboration avec le Cirque du Soleil, Antitube propose une programmation construite sur les images de l'art des saltimbanques, des clowns, des trapézistes et des attractions de foire dont le cinéma partagea l'histoire durant les vingt premières années de son existence. En de nombreuses occasions, le cinéma s'inspira du monde du cirque. Nous vous présentons quelques unes des œuvres qui marquèrent cette rencontre, qui est aussi celle de la mémoire du Cinéma et de la mémoire du Cirque.

Mercredi 5 août 1998 à 19 h 30

Freaks
Tod Browning, États-Unis, 64 min, v.o. anglaise

Jeudi 6 août 1998 à 19 h 30

At the Circus / The Marx Brothers at the Circus
Edward Buzzell États-Unis, 87 min, v. française

Mercredi 12 août 1998 à 19 h 30

The Greatest Show on Earth (1952)/Sous le plus grand chapiteau du monde
Cecil Blount De Mille, États-Unis, 153 min, v.o. anglaise.
Oscar du meilleur film 1952

Jeudi 13 août 1998 à 19 h 30

Lola Montès
Max Ophuls, France/ Allemagne de l'Ouest, 110 min, v.o. française,
projection rendue possible grâce à la collaboration du Consulat général de France à Québec

Mercredi 19 août 1998 à 19 h 30

Trapeze
Carol Reed, États-Unis, 103 min, v.o. anglaise.

Jeudi 20 août 1998 à 19 h 30

Les ailes du désir / Der Himmel über Berlin
Wim Wenders, Allemagne (ex R.F.A.), 1987, 130 min, v. française.

Mercredi 26 août 1998 à 19 h 30

Nellie
Louise de Grosbois, Québec, 1992, 16 min, v.o. française.
La comtesse de Bâton Rouge
Marc-André Forcier, Québec, 1997, 93 min, v.o. française.



Swiss Video Art / Art vidéo suisse. L'art vidéo en Suisse alémanique

Espace BA, 350 Boul Charest Est, 4e étage
Vendredi 4 juin 1998, à 19 h 30

Artistes invités : Stella Haendler, Thomas Kneubülher et Phillip Schmid.
L'art vidéo suisse a été particulièrement dynamique depuis la fin des années quatre-vingts et a rejoint un vaste auditoire international au cours des années quatre-vingt-dix. Aujourd'hui, on retrouve autant de femmes que d'hommes revendiquant le statut de vidéaste sur le territoire suisse. Alors que les artistes francophones ont tendance, d'une manière générale, à se concentrer sur le langage en jouant avec les mots et l'éclatement du sens, les artistes de Suisse alémanique semblent plus enclins à s'intéresser au traitement expérimental et à parler de l'aliénation des images.

En Suisse alémanique, les deux facteurs décisifs de ce développement ont été l'ouverture du département d'art vidéo à l'École de design de Bâle (Schule für Gestaltung) en 1985 et l'apparition d'un certain nombre de coopératives gérées par des vidéastes à travers le pays. Bâle a rapidement émergé comme le plus important centre de production d'art vidéo en Suisse en développant des tendances qui lui sont spécifiques.

D'un côté, on peut regrouper des œuvres qui témoignent d'une exploration simple ou poétique de la vie quotidienne, comme chez Mathis ou Rist, placée souvent en combinaison avec une perspective féministe non conventionnelle. De l'autre, on retrouve des bandes qui tentent quelques expérimentations sur le médium vidéo, certaines produites sous la forme du clip musical combinant approche formaliste, conception structurelle et genres populaires, comme chez Schmid ou Hunziker.

Le Programme :

La première partie s'intitule STRUCTURE et PERCEPTION. Elle réunit des travaux qui explorent les qualités formelles du médium, le confrontant à ses limites et le faisant déboucher sur de nouveaux territoires.

La seconde partie LIAISONS SENSUELLES présente les vidéastes Mathis, Rist et Walser qui ont développé ces dernières années un style distinctif, amusant, irrespectueux de la technique. Ces vidéastes ont fondé ensemble la coopérative de production VIA (VIDEOAUDIOART) à Bâle. Au cours des dernières années, leur travail est devenu un point de référence. Ils se sont établis, en Europe, parmi les plus importants créateurs en arts médiatiques. Depuis quelques années, ils conçoivent principalement des installations vidéographiques.

Des œuvres où l'image et le son forment une entité indivisible sont regroupées dans la dernière partie du programme qui a pour titre VIDÉO/MUSIQUE. La trame sonore des quatre bandes détermine directement les images, que ce soit par la correspondance du montage, le rythmant à des fréquences différentes, ou à travers le jeu, en les ralentissant ou en les accélérant.

Les organisateurs de cette tournée, Stella Haendler et Thomas Kneubülher, désirent remercier Pro Helvetia de son soutien financier.

Intro:

Vom Fortschritt (About progress) (À propos du progrès)
Reinhard Manz, Suisse, 1990, 3 Min V.O. allemande, s.t. a.

Première Partie: STRUCTURE et PERCEPTION
Expose (Unexposed Film)
René Pulfer, Suisse, 1991, 3 min
01 Digital Research
Simone Fuchs, Suisse, 1998, 3 min
Fragment
Sibylle Roter, Suisse, 1996, 6 min
Baby Blue Eyes
Esther Hunziker, Suisse, 1995, 5 min
Video Japonaise
Renatus Zürcher, Suisse, 1997, 9 min

Seconde partie: LIAISONS SENSUELLES

[Entlastungen] Pipilottis Fehler ( [Disculpations] Les erreurs de Pipilotti )
Pipilotti Rist, Suisse, 1988, 12 min
Das Messer Im Kompot (Le couteau dans la compote)
Muda Mathis et Kaethe Walser, Suisse, 1988, 14 min

Troisième partie: VIDÉO/MUSIQUE

Combo
Philipp Schmid et Stella Haendler, Suisse, 1995, 7 min (Musique de Knut Jensen, Montage de Christian Regenass).
Two Strings
Enriques Fontanilles, Suisse, 1985, 6 min
Ya
Sonia Carioni, Suisse, 1994, 4 min
PT
Christoph Oertli, Suisse, 1995, 2 min
I'm Not The Girl Who Misses Much
Pippilotti Rist, Suisse, 1986, 5 min



Le Trésor Archange

Le dimanche 10 mai, à 19 h 30,
À la Salle Multi de Méduse

En collaboration avec Avatar

Artistes invités : Fernand Bélanger et René Lussier

Antitube et Avatar présentent la première à Québec du film Le trésor archange de Fernand Bélanger, fabuleux documentaire expérimental construit autour de l'œuvre musicale Le trésor de la Langue de René Lussier (Prix Gilson 1989).

Le trésor archange met en image la musique de René Lussier et de ses compagnons, en évoquant de manière audacieuse l'Histoire du français d'Amérique, de ses légendes à sa créativité la plus moderne, «de la colonie des rois jusqu'au référendum de l'an 2022».

Le trésor archange
Fernand Bélanger, Montréal, 1996, 76 min

Avec René Lussier, Claude Beaugrand, Jean Derome, Pierre Tanguay, Alain Trudel, Diane Labrosse, le poète et musicien Richard Desjardins, Fred Frith, Bob Ostertag, Jean-François Martel, le poète Patrice Desbiens, l'historien Marcel Trudel, Carole Saulnier des archives de Folklore de l'Université Laval, Thérèse Hardy, Madeleine Dwane, Jean-Michel Michelin, Christiane Asselin, etc.
Textes: Jacques Ferron, Patrice Desbiens, Richard Desjardins.
Caméos sonores: Charles De Gaulle, Michel Chartrand, René Lévesque, Pierre-Elliot Trudeau, Gaétan Montreuil et le manifeste du Front de Libération du Québec (1970), etc.

Fernand Bélanger est né à Rivière-du-Loup. Depuis 1965, il œuvre en cinéma en tant que monteur, scénariste et réalisateur. Il est aujourd'hui perçu «comme un cinéaste à part, décapant et stimulant, autant par sa thématique que par le style qu'il donne à ses œuvres.»

...et un spectacle solo de René Lussier...

René Lussier propose un spectacle d'improvisation «guitaristique», vocale et pédorythmique, en première partie de cette soirée.




Paysages Mouvants

Le jeudi 23 avril 1998 et le vendredi 24 avril 1998
Au Musée de la civilisation

En collaboration avec le Centre VU
Deux programmations films et vidéo conçues pour acompagner l'événement majeur consacré à l'intervention photographique Trois fois trois paysages, organisé par le Centre Vu.

Toute image captée dans le mouvement impose avec le recul contraint par les conditions de son visionnement une re-com-position de la position même du capteur.

Le paysage se fragmente à chaque enregistrement. L'œil cinétique roule au milieu du paysage qui s'invente au milieu du regard qui bouge en captant partiellement les morceaux qui deviendront les futures notions de définition d'un nouveau paysage. Toujours proposé comme fondement dans le même temps qu'il se transforme en question, présenté à la fois comme apparition et comme disparition.

Dans ce domaine, l'invention du paysage, c'est du temps qui glisse dans le mouvement de la fenêtre qui taille et détaille.

Jeudi 23 avril 1998 à 19 h 30

France Ferroviaire - Bienvenue au Paradis
Emmanuel Avenel, 1991, France/Québec, 18 min
Québec ?
Georges Sheehy, Québec, 1997, 4 min 30 sec
Tokyo Maïgo
Francis Leclerc, Québec, 1997, 10 min
Panorama
Paul Landon, Montréal, 1991, 1 min 30 sec
5 tableaux/5 paysages
Mario Côté, Montréal, 1994, 16 min
Voyage d'Hiver,
Isabelle Hayeur et Éric Raymond, Montréal, 1997, 3 min 56 sec
Reader by the Window
Jan Peacock, Nouvelle-Écosse, 1993, 15 min 52 sec

ENTRACTE

Le paysagiste
Paul Landon, Montréal, 1991, 8 min 30 sec
On Either Side of the Meridien
Manon Hoykaas et Elsa Stanfield, Hollande, 1997, 29 min
Ithaque
Phyllis Katrapani, Montréal, 1997, 35 min

Vendredi 24 avril 1998 à 19 h 30

La région centrale,
Michael Snow, Toronto, 1971, 180 min



Tykho Moon d'Enki Bilal.

Au Cinéma Le Clap
Vendredi 17 avril 1998, à 19 h 30
En collaboration avec le cinéma Le Clap pour le Festival international de bande dessinée de Québec, Antitube présente la première québécoise du long métrage Tykho Moon d'Enki Bilal.

Artiste invité par le festival: (en présence téléphonique) Enki Bilal.

Tykho Moon
Enki Bilal, France, 1996, 102 min



Guilbert /Murphy /Grou

À la Salle multi du complexe Méduse. Le vendredi 30 janvier 1998 à 19 h 30

Artistes invités : Charles Guilbert et Serge Murphy.
Programmation spéciale au moment de la sortie de la bande vidéo Rien ne t'aura mon cœur (1997), œuvre entièrement chantée. Avec Raymonde April, Nathalie Bujold, Nathalie Caron, Geneviève Letarte, Charles Guilbert, etc...

Première à Québec également, en complément de programme de Au verso du monde (1994), œuvre antérieure que Guilbert a réalisée avec Serge Murphy et Michel Grou.

Rien ne t'aura mon cœur
Charles Guilbert, Montréal, 1997, 45 min
Au verso du monde
Michel Grou, Charles Guilbert, Serge Murphy, Montréal, 25 min



Images du monde arabe. Une présentation du C.E.A.D. et d'Alternatives.

Au Musée de la civilisation
Du jeudi 22 au samedi 24 janvier 1998

Antitube accueille une sélection des meilleurs vidéos et films du festival montréalais Images du monde arabe au Musée de la civilisation. Programmé et organisé par le Centre d'études arabes et de développement, membre de l'ONG Alternatives.



Claude Jutra. Quelques révolutions pas si tranquilles!

Au Musée de la civilisation
Les mercredis du 14 janvier au 18 février 1998

Présentation de dix courts métrages et de quatre longs métrages, en collaboration avec l'ONF et Cinéma Libre.

D'Au service de l'esprit troublé (1955) à Mon oncle Antoine (1971), en passant par À tout prendre (1963)et Wow (1969) Antitube explore le parcours d'un des premiers cinéastes québécois à avoir pu témoigner d'une démarche artistique personnelle. Un homme sémaphore qui montra la voie et qui contamina de sa ferveur des centaines d'autres créateurs : Claude Jutra.

Programmation 1: 14 janvier 1998 à 19 h 30

Jeunesses musicales (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1956, 29 min 00 sec
Au service de l'esprit troublé (documentaire)
Claude Jutra, Ottawa, 1955, 25 min 00 sec
Chantons maintenant (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1956, 30 min 00 sec
Il était une chaise (animation)
Claude Jutra et Norman McLaren, Montréal, 1957, 10 min 05 sec

Programmation 2: 21 janvier 1998 à 19 h 30

Fred Barry comédien (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1959, 20 min 13 sec
Les Mains nettes (fiction)
Claude jutra, Montréal, 1958, 73 min 00 sec
Félix Leclerc troubadour (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1959, 27 min 05 sec

Programmation 3: 28 janvier 1998 à 19 h 30

Québec-U.S.A. ou l'Invasion pacifique (documentaire)
Claude Jutra et Michel Brault, Montréal, 1962, 27 min 36 sec
Le Niger, jeune république (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1961, 57 min 38 sec
La Lutte (documentaire)
Claude Jutra, Michel Brault, Marcel Carrière et Claude Fournier, Montréal, 1961 27 min 45 sec

Programmation 4: 4 février 1998 à 19 h 30

À tout prendre (fiction)
Claude Jutra, Montréal, 1963, 99 min 00 sec

Programmation 5: 11 février 1998 à 19 h 30

Rouli-roulant (documentaire)
Claude Jutra, Montréal, 1966, 15 min 03 sec
Wow (fiction)
Claude Jutra, Montréal, 1969, 94 min 41 sec

Programmation 6: 18 février 1998 à 19 h 30

Mon oncle Antoine (fiction)
Claude Jutra, Montréal, 1971, 110 min 20 sec



Activités extérieures :
Antitube agit à titre de collaborateur à la programmation des films et des vidéos avec l'organisation du Symposium international de la peinture au Canada (Baie-Sait-Paul) qui s'est tenu du 1er août au 6 septembre 1998.

Québec (Québec). Antitube répond à l’invitation du Vidéographe à programmer une sélection des productions de vidéo d'art de la région de Québec dans le cadre de la Quinzaine de la vidéo, le 13 octobre 1998, à la Cinémathèque québécoise.

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