Bernar Hébert. Image et Mouvements. Un cinéaste rencontre la danse

Au Musée de la civilisation
Jeudi 20 et vendredi 21 octobre 1997

Artiste invité : Bernar Hébert
Le vidéaste et cinéaste Bernar Hébert a collaboré depuis 1984 avec de nombreux chorégraphes, du Québec comme de l'étranger, dont Édouard Lock, Ginette Laurin, Lila Greene. Antitube profite de la venue à Québec de son dernier film, La nuit du déluge , pour organiser pour la première fois une rétrospective de son travail vidéo et cinématographique appliqué à l'art de la danse. Bernar Hébert a été invité à rencontrer le public le jeudi 20 novembre.

Œuvres projetées :

Visage de la danse
Bernar Hébert, Montréal, 1996, 57 min
L'aurore
Bernar Hébert, Montréal, 1989, 8 min
Lalala Human sex Duo No 1
Bernar Hébert, Montréal, 1987, 7 min
Le petit musée de Vélasquez
Bernar Hébert, Montréal, 1994, 50 min
Commitment: Two Portraits
Bernar Hébert, Montréal, 1988, 12 min
Opera
Bernar Hébert, Montréal, 1988, 6 min
La nuit du déluge
Bernar Hébert, Montréal, 1996, 91 min




Le réalisme poétique

Au Musée de la Civilisation
Les mercredis, du 5 novembre au 10 décembre 1997

En collaboration avec le Consulat général de France à Québec

Réalisme poétique: terme inventé par l'historien Georges Sadoul pour définir un courant du cinéma français des années trente qui se différenciait de la production majoritaire. D'autre termes lui furent accolés comme le «réalisme fantastique» ou le «fantastique populaire». Manifestement, ce cinéma se définit par la rencontre de deux orientations artistiques dominantes à l'époque: celle qui voulait fonder une critique sociale et donner la parole aux classes laborieuses, influencée par le socialisme ou le communisme; et celle qui revendiquait un art résolument poétique, insufflé d'onirisme, influencé par le surréalisme.

Les grandes figures de ce cinéma sont Jean Vigo, Jacques Prévert, Jean Grémillon, Marcel Carné, Curt Courant, Alexandre Trauner, Henri Jeanson, Jean Gabin, Michel Simon, Arletty, etc...., Antitube présente une sélection de 6 films marquants de ce courant cinématographique :

L'Atalante
Jean Vigo, France, 1934, 88 min
Pépé Le Moko
Julien Duvivier, France, 1937, 93 min
L'Étrange Monsieur Victor
Jean Grémillon, France, 1937, 113 min
Quai des brumes
Marcel Carné, France, 1938, 91 min
La bête humaine
Jean Renoi, France, 1938, 100 min
Le jour se lève
Marcel Carné, France, 1939, 85 min



Telematic Desire. 2 soirs de Cabaret Vidéo

À la Salle Multi du complexe Méduse
Mercredi 22 et jeudi 23 octobre 1997, à 19 h 30

Co-présenté avec L'Œil de poisson, en collaboration avec le Consulat général de France à Québec, avec le soutien de l'AFAA(Association française d'action artistique)

Artiste/Programmateur invité : Frédéric Lecomte

Proposition de Frédéric Lecomte qui vient à Québec présenter au-delà de cinq heures de productions récentes de dix jeunes vidéastes français(es) : Lydie Jean-Dit-Pannel, César Vayssié, Philippe Gasnier, Cyril Petit, Frédéric Lecomte, Yan Duyvendak, Sophie Loret Naumovitz et Yann Nguyen Minh . La plupart des œuvres n'ont jamais été vues au Québec.

Cet événement unique est organisé avec le concours de plusieurs groupes de production de vidéo indépendante en France (Station Mir, Rezotourdumonde, Peyotl).



Cinéma du réel

Au Musée de la civilisation
Du 24 au 28 septembre 1997

Proposé par le Consulat général de France, en collaboration avec le Musée de la civilisation, une sélection du Festival Cinéma du réel, qui se tient chaque année au Centre Georges-Pompidou à Paris et qui se consacre aux productions documentaires du monde entier.

Cela constitue aussi la collaboration d'Antitube aux Journées de la Culture qui ont lieu pour la première fois cette année les 26, 27 et 28 septembre.

Un film chevauche deux programmations, Le pays rêvé qui fut programmé lors de la sélection du Festival en 1996.

Le pays rêvé
Michel Moreau, Montréal, 1996, 92 min
Afriques : « Comment ça va avec la douleur » ?
Raymond Depardon, France, 1996, 165 min
Enquête sur Abraham
Abraham Segal, France, 1996, 102 min
My vote is my secret. Chroniques sud-africaines
Julie Henderson, Thulani Mokoena et Donna Rundle, Afrique du Sud/France, 1995, 95 min
L'heure de la piscine
Valérie Winkler, France, 1995, 26 min
La nuit partagée
Philippe Larue, France, 1994, 68 min
Coûte que coûte
Claire Simon, France, 1995, 100 min
Le convoi
Patrice Chagnard, France, 1995, 90 min



Documents d'immigration

Au Musée de la civilisation
Les mercredis, du 24 septembre au 8 octobre 1997
Des œuvres de Michel Moreau, de Paul Tana et de Tahani Rached, des documentaires réalisés par des néo-québécois pas nés au Québec qui réfléchissent sur la situation d'y être immigrant.

Les voleurs de job
Tahani Rached, Montréal, 1980, 68 min
Caffè Italia
Paul Tana, Montréal, 1985, 81 min
Le pays rêvé
Michel Moreau, Montréal, 1996, 92 min



Le festival Intercollégial du cinéma 1997
Au CEGEP François-Xavier-Garneau
Le vendredi 6 juin 1997

Deux programmations de Luc Dumont
Le Festival Inter collégial du cinéma est une fête annuelle qui regroupe étudiants de niveau collégial (pré-universitaire) et professeurs en cinéma du Québec tout entier.

Pour sa cinquième édition qui se tient à Québec, le Festival a invité Antitube a proposer deux programmations.

Programmation de la première partie de la soirée d'ouverture composée de courts métrages étudiants de cinéastes devenus plus célèbres depuis comme Norman McLaren, Claude Jutra, Yves Simoneau, Jean-Claude Lauzon.

Seven Till Five
Norman McLaren, Écosse, 1933, 9 min 27 s
Mouvement Perpétuel
Claude Jutra, Montréal, 1949, 15 min
Super Maire. L'Homme de 3 milliards
Jean-Claude Lauzon, Montréal, 1979, 20 min
Dernier voyage
Yves Simoneau, Québec, 1981, 30 min

Programmation et organisation de la seconde partie de la soirée composée d'une rencontre avec le cinéaste Roger Cantin, qui montre et explique quelques uns des films qui jalonnent sa carrière.

Extraits de

Pêcheurs d'eau douce (1982)
Pixilation (1982)
L'objet (1984)
L'assassin jouait du trombone (1991)
La vengeance de la femme en noir (1996)
Matusalem 2 (alors en cours de montage)



Mémoire du Nouveau Cinéma Allemand. Gœthe Institut. Collaboration numéro 2.

Au Musée de la civilisation
les mercredis du 7 mai au 25 juin 1997, à 19 h 30

en collaboration avec le Goethe Institut de Montréal

Après le manifeste d'Oberhausen (1962), signé par des jeunes réalisateurs qui revendiquaient le droit à un cinéma novateur, raffiné et dépoussiéré des conventions, le cinéma allemand est entré dans une nouvelle époque.

Contrairement au Néoréalisme italien ou à la Nouvelle Vague française, le Nouveau Cinéma allemand ne présente pas de style unifié. Il est plutôt le résultat de l'effort concerté d'un groupe assez étendu de cinéastes qui ont manifesté leur volonté de rénover l'industrie cinématographique de leur pays, hors du contrôle des institutions commerciales.

Les œuvres qui ont été produites depuis ont affirmé des auteurs et une nouvelle façon d'exprimer l'histoire de l'Allemagne et le fait d'être Allemand(s). Herzog, Fassbinder, Schlöndorff, Von Trotta, Wenders, Syberberg, Sanders-Brahms, Schamoni, Kluge, Schmidt, Brückner, Schroeter, etc., appartiennent à cette renaissance, unique dans l'histoire de l'art cinématographique.

8 films datant de 1965 à 1983 :

Programme 1: 7 mai 1997 à 19h30

Les désarrois de l'élève Törless (Der Junge Törless)
Volker Schlöndorff, Allemagne, 1966, 87 min

Programme 2: 14 mai 1997 à 19h30

Ludwig — Requiem pour un roi vierge (Ludwig — Requiem für Einen Jungfräulichen König)
Hans Jürgen Syberberg, Allemagne, 1972, 134 min

Programme 3: 21 mai 1997 à 19h30

L'honneur perdu de Katharina Blum (Die Verlorene Ehre Der Katharina Blum)
Volker Schlöndorff, Allemagne, 1975, 106 min

Programme 4: 28 mai 1997 à 19h30

La patriote (Die Patriotin)
Alexander Kluge, Allemagne, 1979, 121 min

Programme 5: 4 juin 1997 à 19h30

Le rapport Willi-Busch (Der Willi-Busch Report)
Niklaus Schilling, Allemagne, 1979, 129 min

Programme 6: 11 juin 1997 à 19h30

Années de disette (Hungerjahre)
Jutta Brückner, Allemagne, 1980, 119 min

Programme 7: 18 juin 1997 à 19h30

Anges de fer (Engel aus Eisen)
Thomas Brasch, Allemagne, 1981, 105 min

Programme 8: 25 juin 1997 à 19h30

La symphonie du printemps (Frühlingssinfonie)
Peter Schamoni, Allemagne, 1983, 103 min




25 ans du Vidéographe. Revoir la collection.

À l'auditorium Joseph-Lavergne de la Bibliothèque Gabrielle-Roy à Québec
Jeudi 3, vendredi 4, samedi 5 avril et jeudi 10, vendredi 11, samedi 12 avril 1997

Collaboration de l'ONF et de la Commission de la capitale nationale
6 jours d'une programmation conçue par Nicole Gingras à partir des archives de la plus ancienne coopérative de production vidéographique au monde, basée à Montréal, Le Vidéographe qui célébrait en 1996 ses 25 ans.

« Revoir la collection réunit douze programmes ; plus d'une quarantaine d'œuvres ont été sélectionnées ; quarante-sept vidéastes y sont représentés. Derrière ce récit de près de vingt heures, fait de ruptures, de reprises, il y a tout un travail de montage. Il y est question avant tout de portraits, de mémoire, de lumière. [...]
À l'abri d'une lecture chronologique, thématique, esthétique, à l'écart du clivage entre documentaire et fiction, ces programmes s'interrogent sur l'attitude que les réalisateurs et réalisatrices ont privilégiée à la conception et à la réalisation de leur vidéo. De la quarantaine de titres sélectionnés émergent quatre attitudes : écouter, regarder, raconter, monter/construire. [...] »
Extraits du texte de programme rédigé par Nicole Gingras

Euphorikabouche
Norman Jacob, Montréal, 1973, 20 min
You Must Remember
Marshalore, Montréal, 1979, 25 min
Confessions of a Chameleon
Lynn Hersman, États-Unis, 1987, 10 min
André 1er, Père, Fils et Saint-Esprit
Jean-Guy Michaud, Montréal, 1987, 47 min
Continuons le combat
Pierre Falardeau et Julien Poulin, Montréal, 1971, 30 min
Le bal des anguilles
Charles Guilbert, Michel Grou et Serge Murphy, Montréal, 1992, 68 min
Fait Divers : elle remplace son mari par une T.V.
Jean-Pierre Saint-Louis, Montréal, 1982, 28 min
Talk Show
Steve Reinke, Toronto, 1996, 2 min
Yes Sir ! Madame...
Robert Morin, Montréal, 1994, 75 min
Portrait de Pauline
Michèle Waquant, Montréal, 1984, 6 min
Série Fleuve Marik Boudreau
Marik Boudreau, Montréal, 1996, 10 min
Granny's Is
David Larcher, Grande-Bretagne, 1989-1990, 78 min
Past and Future Wheel
Luc Courchesne, Montréal, 1983, 2 min
Lazarus
Stewart Applegath, États-Unis, 1991, 28 min
Shimmer
Nelson Henricks, Montréal, 1994, 7 min
Gus est encore dans l'armée
Robert Morin/Lorraine Dufour, Montréal, 1980, 20 min
Le voyage de l'ogre
Marc Paradis, Montréal, 1981, 24 min
Discours des comètes
Suzan Vachon, Montréal, 1993, 18 min
La maison de redressement
Francisco Ruiz de Infante, Espagne, 1993, 24 min
Journal
Jean-Luc Lagarce, France, 1992, 50 min
Viewer of Optics
Alexander Hahn, Toronto, 1987, 11 min
Things I Forget to Tell Myself
Shelly Silver, Montréal, 1988, 1 min 50 s
Panorama
Paul Landon, Montréal, 1991, 1 min 30 s
Juste le temps
Robert Cahen, France, 1983, 13 min
Obsessive Becoming
Daniel Reeves, Grande-Bretagne, 1995, 55 min
Classes et classe
Bernard Émond/Michel Van de Walle, Montréal, 1973, 35 min
Hitch Hiking
Frank Vitale, Montréal, 1972, 40 min
À propos de peinture
Daniel Dion/Sue Schnee, Montréal, 1985, 17 min
Barricades
Monty Cantsin, Toronto, 1992, 11 min
Once You've Shot The Gun You Can't Stop The Bullet
Jayce Salloum, États-Unis, 1988, 7 min
Trois tours et puis s'en vont
Chantal Du Pont, Montréal, 1992, 10 min
Dutch Light Textual Actions
Marshalore, Montréal, 1981, 23 min
Variations Vertov
Mario Côté, Montréal, 1996, 28 min
Touei
Luc Bourdon, Montréal, 1985, 4 min
Annie et les Rois-Mages
Josette Bélanger, Montréal, 1988, 4 min
Faust Médusé
Alain Pelletier, Montréal/Montbéliard, 1995, 23 min
J'aurais dit Glenn Gould
Rober Racine, Montréal, 1984, 27 min
Débâcle
Michèle Waquant, Montréal, 1992, 16 min
Pea Soup
Pierre Falardeau et Julien Poulin, Montréal, 1978,. 93 min
Theresa Plane
Danielle Nyst et Jacques-Louis Nyst, Belgique, 1983, 14 min
Do You See What I See ?
Madelon Hooykass et Elsa Stansfield, Pays-Bas, 1994, 26 min
Le récit d'A.
Esther Valiquette, Montréal, 1990, 20 min
Traces of a Presence to Come
Irit Batsry, États-Unis, 1989, 39 min



ONFemmes, âmes, anima, animation

Au Musée de la civilisation
Mercredi 5 mars 1997


En collaboration avec l'O.N.F., le Musée de la civilisation et la ministre responsable de la condition féminine.
Présentation des œuvres de Viviane Elnécavé, Caroline Leaf, Suzie Synott, Clorinda Warny, Suzanne Gervais et Francine Desbiens. Ces 15 films exposent la variété et le raffinement du travail des femmes cinéastes d'animation à l'Office national du film du Canada.

Viviane Elnécavé
L'œil,
1972, 8 min 11 s
Suzanne Gervais
Cycle,
1971, 5 min 04 s
Suzanne Gervais
Climats,
1974, 9 min 41 s
Viviane Elnécavé
Luna, Luna, Luna,
1981, 12 min 33 s
Suzie Synnott
Entre le rouge et le bleu,
1995, 7 min 13 s
Suzanne Gervais
L'attente,
1993, 7 min 25 s
Clorinda Warny, Suzanne Gervais et Lina Gagnon
Premiers jours,
1980, 8 min 48 s
Viviane Elnécavé
Rien qu'une petite chanson d'amour,
1974, 10 min 11 s
Francine Desbiens
Dessine-moi une chanson,
1990, 8 min 19 s
Caroline Leaf
La rue,
1976, 10 min 12 s
Suzanne Gervais
L'atelier,
1988, 10 min 27 s
Francine Desbiens
Dernier envol,
1977, 8 min 53 s
Caroline Leaf
Entre deux sœurs,
1990, 10 min 26 s
Caroline Leaf
The metamorphosis of Mr Samsa,
1977, 9 min 42 s
Francine Desbiens, Pierre Hébert et al.
Le Corbeau et le Renard,
1969, 2 min 34 s



L'Œil éclaté. Vidéo fragmentations

À la Salle Multi du complexe Méduse.
2 séances, vendredi 24 et samedi 25 janvier 1997

Artistes invités : Neam Cathod (Jean Décarie), Boris Firquet

La majorité des œuvres qui ont été regroupées dans cette programmation utilisent l'image télévisuelle et le discours propre à ses agencements.

L'art vidéo travaille avec les mêmes outils que la télévision domestique. Il est fréquent que les images que nous voyons dans notre salon se retrouvent récupérées, recyclées, triturées, remontées par les nouveaux artistes. Tout cela se fait avec une intention critique bien sûr, avec ironie la plupart du temps.

Du protovidéoclip à la Trash TV, la télé est attaquée par la vidéo durant cette aventure haute en couleurs, et en noir et blanc aussi.

Âmes sensibles s'abstenir.
Interdit aux moins de 18 ans


Danlkû
D.E.I. (Neam Cathod, LouLou Anod, Mael), Montréal, 1989, 10 min
Blind Light
Neam Cathod, Montréal, 1982, 25 min
He was alive now is dead
Neam Cathod, Montréal, 1982, 6 min
I am Monty Cantsin
Neam Cathod, Montréal, 1989, 4 min
Motel Kubiniana
D.E.I., Montréal, 1996, 14 min
Serenade to CNN
Fred Bacher, Toronto, 1991, 27 min
Fz-976
Van Lapointe, Toronto, 1990, 10 min 37 s
Americans (Mer-Kins) - Elvis Lives
Chris Mulington, Toronto, 1988, 26 min 15 s
Sandspit to Dildo or Hippity Hoppity Home Sweet Home
Chris Mullington, Toronto, 1989, 27 min
What!! Fechner's Law
Chris Mullington. Toronto, 1987, 3 min
Come on Touch It
Ian Murray, Toronto, 1983, 34 min
East of the 401 — («You can't watch TV and drive a car at the same time»)
Tom Sherman, Toronto, 1978, 28 min
Television Human Nature
Tom Sherman, Toronto, 1977, 28 min
Transvideo
Tom Sherman, Toronto, 1981, 26 min
Vautours
Boris Firquet, Québec, 1996, 5 min
C't'une fois
Boris Firquet, Québec, 1996, 5 min
Fosse
Boris Firquet, Québec, 1996, 28 min



4 d'H.Quatre films de Werner Herzog

Au Musée de la civilisation
Les mercredis 15, 22, 29 janvier et le 5 février 1997

En collaboration avec le Goethe Institut (Montréal) et le Musée de la civilisation
La place centrale des personnages marginalisés, par leur apparence physique ou leur capacité intellectuelle, affirme le refus pour Herzog de s'identifier à ces être dits normaux qui, sous des prétextes de curatelle ou de profit, se transforment souvent en bourreaux. On retrouve ce paradoxe de la marginalité dans des films comme Les nains aussi ont commencé petits (Auch Zwerge haben klein Angefangen) (1970), L'énigme de Kaspar Hauser (Jeder für sich und Gott gegen alle) (1974), La ballade de Bruno (Stroszek) (1977).

Dans ce cinéma du rêve et de la contemplation, on rencontre aussi des êtres, aux destins souvent plus grands que nature, qui s'abîment dans les aléas de leur mégalomanie (Aguirre, la colère de Dieu (Aguirre, des Zorn Gottes) (1972), Cœur de Verre (Herz aus Glas) (1976), Fitzcarraldo (1982)). D'un côté comme de l'autre, le personnage du fou est intégré à l'action. L'auteur le présente en médium, en prophète ou en révélateur d'une critique sociale. C'est l'être de nature qui, par son outrance ou par son innocence, démontre les limites de la Civilisation occidentale.

Signes de vie (Lebenszeichen)
Werner Herzog, Allemagne, 1968, 91 min
L'énigme de Kaspar Hauser (Jeder für Sich und Gott Gegen Alle)
Werner Herzog, Allemagne, 1974, 110 min
Cœur de verre (Herz aus Glas)
Werner Herzog, Allemagne, 1976, 94 min
Woyzeck
Werner Herzog, Allemagne, 1979, 81 min



Circulation II. Champ Libre

Au Patro Saint-Vincent-de-Paul
6 et 7 décembre 1996.

Artistes invités : Annick St-Louis, Étienne Desrosiers, Gaetan Desombre
Antitube a reçu le programme Circulation II présenté par l'organisme Champs Libre de Montréal. L'église du Patro Saint-Vincent-de-Paul a été aménagée par nos deux équipes permettant d'intégrer l'architecture du lieu à la diffusion vidéographique. Présenté en une seule journée ailleurs au Québec et en Acadie, l'événement Circulation II a été présenté sur deux jours à Québec. La convergence des mandats des deux diffuseurs a contribué au succès de l'événement.

Une programmation d'Annick St-Louis

Le vendredi 6 décembre 1996

Beta Nassau
Piotr Wyrzykowski, Pologne, 1993, 10 min
Comédie
Nelson Henricks, Montréal, 1994, 5 min
Gathering Evidence
Sarah Butterfield, Vancouver, 1995, 8 min
Tableau d'amour
Bériou, France, 1993, 22 min
Faust Médusé
Alain Pelletier, Montréal/Montbéliard, 1995, 22 min
Nomad
Tom Kalin, États-Unis, 1993, 5 min
Deep
Milla Moilanen, Finlande, 1994, 6 min
Traces Of A Presence To Come
Irit Batsry, États-Unis, 1993, 39 min

Le samedi 7 décembre 1996

Les amies de l'angoisse
Manon Labrecque, Montréal, 1995, 21 min
A Portrait Of Arshille
Atom Egoyan, Canada, 1994, 4 min
Combo
Philipp Schmid et cie, Suisse, 1995, 7 min
Skeleton Frame
Nikolai Selivanov , Russie, 1995, 11 min
The Border
Takayuki Ikegawa, japon, 1995, 20 min
Édifice
Franck Magnant, France, 1994, 9 min
Deserts
Bill Viola, États-Unis, 1994, 26 min



Pierre Harel, cinéaste
Images de la Contre-culture au Québec II


Au Café-Théâtre des Fourberies (Québec)
Les 19 et 20 novembre 1996,

Artistes invités : Pierre Harel, Jacques Augustin et Daniel Le Saunier.

Rétrospective de l'œuvre cinématographique de Pierre Harel (Bulldozer, Vie D'Ange, Grelot Rouge Sanglot Bleu) et projection d'Habitants glorieux de Daniel Le Saunier et Jacques Augustin, consacré à la genèse du groupe Corbeau. Les projections sont précédées d'interventions des trois réalisateurs Pierre Harel, Jacques Augustin et Daniel Le Saunier.

Déroutant, imprévisible, libre. Cinéaste, chanteur de rock, compositeur, acteur, scénariste, Pierre Harel est l'un des premiers artistes du Québec à avoir touché à autant de domaines de l’expression en s’y donnant à chaque fois avec une intensité peu commune.

Dans l'œuvre cinématographgique de Pierre Harel, nous nous retrouvons devant la volonté de créer une expression nouvelle à partir du mariage d'un « hyperjoual » et de l'imagerie du « clochard céleste ». Par une façon résolument poétique qui ne renonce ni à la violence, ni à la provocation, Harel canalise son engagement social en transfigurant le réel pour mieux en dénoncer les « douleurs ». Pierre Harel a co-scénarisé tous ses films avec des femmes.

Pierre Harel aurait pu suivre une voie commerciale directe, sans ambage, que ce soit en musique ou en cinéma, en réalisation ou en jeu. Il a préféré aller au gré de ses inspirations et de sa liberté. Dans les années quatre-vingts et quatre-vingt-dix, Harel a défendu avec énergie la cause amérindienne et métisse au Québec. Il est chanteur et parolier du groupe Corbach.

Bulldozer.
Pierre Harel, Montréal, 1974, 93 min.

Bulldozer, est un film qui, à son époque, témoignait du désir de créer une nouvelle narration. Parcouru d’un grand sens de la recherche et du risque, c'est un cinéma résolument indépendant, avalant et vomissant plusieurs croûtes d'aliénation.

Devenu film culte au Québec, tourné en partie dans un dépotoir de l'Abitibi, Bulldozer (1974) présente un monde underground sans espoir. Si elle existe dans ce film, la réflexion sur l'identité, qui parcourt tant d'œuvres de la cinématographie québécoise, s'exprime ici en montrant un groupe d'hommes et de femmes qui s'abîme dans une explosion confondue d'amour et de haine. Bulldozer, c’est un poème rock qui parle métaphoriquement de la situation sociale vécue au Québec, dans un lieu imaginaire, sans temps défini, où les hommes boivent tous leurs sous, où les femmes parlent d'autorité en essayant de construire quelque chose, où les machines servent à détruire tout ce qu'on aimait.

Son groupe de l’époque, Offenbach, signe la musique de ce film.

Grelots rouges, sanglots bleus
Pierre Harel, Montréal, 1987, 86 min

Le thème du couple revient dans Grelots rouges, sanglots bleus (1987). Cette fois, le cinéaste y installe une forme hybride. Dans cette œuvre, Harel mêle des portions fictionnelles avec des scènes de peinture en direct, tournées aux Foufounes Électriques, improvisée par des artistes interprétant chacun à leur manière l’une des huit scènes du film. Il y introduit une dimension supplémentaire, celle de discuter de la portion fictionnelle de son film avec deux critiques connus, Minou Petrowski et Richard Martineau. Cette discussion est incluse au montage final.

Mercredi 20 novembre 1996

Habitant Glorieux
Jacques Augustin et Daniel Le Saunier, Montréal, 30 min

Habitant Glorieux (1983) est un court métrage documentaire consacré aux débuts de la formation du groupe Corbeau dans lequel un dénommé Pierre Harel laissa sa marque.

Vie d'ange.
Pierre Harel, Montréal, 1979, 84 min

« C'est pas un film de cul., mais un film d'amour »
Pierre Harel

Harel réalise Vie d’ange (1979) de 1974 à 1979. À l’époque de la succession du glam rock et du mouvement punk, Harel renoue avec le romantisme en inventant l’histoire sexuelle ultime. Deux êtres adulés, deux rock stars ayant déguisé leur nom, fascinés l’un par l’autre, ne pourront se dessouder d’un coït indécoinçable qu’en se découvrant sous leurs vrais visages, en s'avouant leurs vrais prénoms, qui est également celui des comédiens (Paule Baillargeon et Pierre Harel). C’est une fable, ironique, où la musique tient un grand rôle. Star Morgan et Elvis deviennent des archétypes de la condition des couples modernes pris entre le mensonge, qu’appelle parfois la concupiscence, et l’élan sincère du cœur. Ce film bénéficia de la publicité inattendue de subir l'interdiction de la censure ontarienne.



Autour du lynx inquiet et du bison ravi
Images de la Contre-culture au Québec I

À la salle Multi du Complexe Méduse
Du 17 au 21 avril 1996,

En collaboration avec Obscure.

Artistes invités : Jean Gagné, Serge Gagné, Richard Brouillette


Cinq jours consacrés à la galaxie de créateurs tournant autour de l'œuvre du cinéaste Gilles Groulx et de l'essayiste/poète Patrick Straram. Première à Québec de Trop, c'est assez  ! de Richard Brouillette, consacré à la vie et à l'œuvre de Gilles Groulx. Depuis, ce film s'est vu décerner le Prix Chalmers à Toronto.

Durant les années soixante et soixante-dix au Québec, la critique du système des valeurs établies passe par la voie nationaliste. Certains de ces nationalistes sont plus à gauche que d’autres, veulent croire en l’utopie et au changement social qui résulterait du processus indépendantiste. À Montréal, dans le milieu du cinéma et de l’écriture, une certaine «gang» d’amis s’est épanouie autour de ces idées de nouvel horizon culturel, d’ivresse, de changement. Parmi eux, Patrick Straram dit le bison ravi et Gilles Groulx dit le lynx inquiet.

Cet hommage sert à illustrer le travail d’un réseau de pensée politique et culturelle, plus qu’une école, un groupe d’amis qui a marqué la vie cinématographique au Québec entre 1958 et 1995. Il convenait pour nous de mettre en perspective des œuvres qui n’ont jamais été regroupées ensemble mais qui appartiennent à un même univers idéologique et esthétique et qui ont connu leur genèse dans une communauté de culture politique. Le choix des œuvres a été fait en fonction de leur importance pour l’histoire du cinéma indépendant au Québec, d’une part, et de leur qualité de document, d’autre part.

Des années soixante aux années quatre-vingts, Straram est l’un des piliers de la contre-culture au Canada. Il écrit beaucoup, dans un style original de poésie essai, touffue et festoyeuse, immense hommage aux artistes qu’il aime, puisant à l’histoire de la révolte noire américaine comme aux écrits de Marx, à la nouvelle philosophie californienne comme aux films de Jean-Luc Godard. Après avoir été le directeur du Centre d’art de l’Élysée à Montréal, de 1960 à 1963, il défendra jusqu’à sa mort le cinéma d’auteur au Québec. Acteur pour Claude Jutra, ami sincère, le bison ravi influence volontiers quelques amis cinéastes dont Gilles Groulx, Serge et Jean Gagné et Pierre Goupil, auxquels il transmet le point de vue situationniste de la critique de la vie quotidienne.


mercredi 17 avril à 19 h

Dans Vive les animaux (1971) de Pierre Monat, Straram et Groulx échangent avec le philosophe/sociologue Edgar Morin.
Vive les animaux,
Pierre Monat, 1971, vidéo, 25 min

Gilles Groulx est cinéaste, réalisateur et remarquable monteur. La majorité de ses films ont été produits par l’Office national du film. Il participe dès 1958, au premier court métrage de ce qui va devenir le studio francophone, Les raquetteurs. Par la suite, il va signer quelques unes des plus grandes réussites de cette époque: Golden Gloves (1962), Voir Miami (1963), Un jeu si simple (1964). La plupart de ses documentaires sont couronnés par des prix, ici ou dans des festivals étrangers. Ce qui frappe les contemporains, c’est l’extrême modernité du traitement. Il se traduit par une rapidité du montage, des musiques souvent rythmées et une volonté presque systématique de critique. Avec Arthur Lipsett, il peut, à juste titre, être considéré comme un pionnier de l’esthétique de la fragmentation au Québec.

vendredi 19 avril à 19 h

Golden Gloves
Gilles Groulx, 1961, 28 min
Voir Miami
Gilles Groulx, 1963, 28 min
Un jeu si simple
Gilles Groulx, 1964, 28 min


«Il ne saurait être question de notre cinéma sans qu’il soit aussi question des conditions qui prévalent au Québec. La réflexion ne se retire pas du monde même si l’on ne saurait y faire la part du rêve et du réel. Cela me tient lieu de conscience et de définition du cinéma»

Gilles Groulx (1966)

Groulx va par la suite tourner Le chat dans le sac (1964), un long métrage de fiction, où le style du documentaire direct est mis au service de l’évocation de la quête initiatique d’un jeune montréalais qui s’interroge sur son identité québécoise. La forme éclatée, très libre de ce film, s’apparente aux œuvres du Jean-Luc Godard de l’époque. Or, les films godardiens dont quelques critiques français prétendent que Groulx s’est inspiré, lui sont postérieurs de six mois. Ce qui fascine, c’est plutôt la simultanéité de l’inspiration, la correspondance des obsessions des deux réalisateurs.

mercredi 17 avril à 19 h

Le chat dans le sac
Gilles Groulx, 1964, 74 min

Par la suite, Groulx signe ce qui peut être appelé sa trilogie situationniste. Où êtes-vous donc? (1968), Entre tu et vous (1969), 24 heures ou plus...(1971/1976), dans laquelle il pousse plus en avant ses recherches sur la fragmentation de l’image et du son. Ces œuvres sont porteuses d’une critique mordante de la société québécoise de l’époque. 24 heures ou plus... est censuré durant cinq ans par la direction de l’ONF. Motif général de la censure: le documentaire nationaliste est toléré, pas celui qui remet en question les bases mêmes de la société et qui appelle à la révolte. De fait, Gilles Groulx a été le cinéaste le plus censuré de l’histoire du cinéma québécois.

dimanche 21 avril à 18h30

Où êtes-vous donc? Bande de câlisses!
Gilles Groulx, 1968, 95 min
Entre tu et vous
Gilles Groulx, 1969, 65 min

jeudi 18 avril à 19 h

24 heures ou plus...
Gilles Groulx, 1971-1976, 113 min

L’extrême originalité de Groulx et sa lucidité face au développement général du marché de l’image au Québec, l’amène à s’isoler de plus en plus, par dignité et refus de compromission. Il tourne Au pays de Zom en 1980. Avant de se voir condamné à l’inaction «cinématographique»à la suite d’un grave accident survenu en 1981. Il s’éteint en 1995.

mercredi 17 avril à 21 h

Au pays de Zom,
Gilles Groulx, 1982, 77 min

Des films des frères Gagné et de Pierre Goupil, proches de Groulx et Straram, viennent compléter cette évocation.

Les frères Gagné sont originaires du Saguenay. Leurs films sont en lutte poétique et politique contre la façon commerciale du cinéma ordinaire. Ils arrivent à Montréal au début des années soixante-dix et deviennent rapidement des acteurs importants de l’underground de la métropole. Les frères Gagné sont les chroniqueurs cinématographiques de l’avant-garde montréalaise. À travers divers projets, ils ont illustré le travail d’une foule d’artistes montréalais en le mettant en relation avec les mouvements sociaux. Le traitement visuel de leurs films n’est jamais banal. Il est généralement à la hauteur de leur sujet. Le musicien André Duschesne accompagne d’amitié leurs images.

La journée du samedi 20 avril est entièrement consacrée à l’œuvre des frères Gagné. Ils sont présents lors de la projection de 19 heures. Nous projetons trois de leurs films. Le bison ravi et le lynx inquiet passent au milieu de ceux-ci.

samedi 20 avril à 14 h

Une semaine dans la vie des camarades,
Jean et Serge Gagné, 1975, 240 min

samedi 20 avril à 19h

L’ ou ‘L,
Jean et Serge Gagné, 1975, 70 min

samedi 20 avril à 21 h

La couleur encerclée
Jean et Serge Gagné, 1986, 102 min

Pierre Goupil appartient au même univers. Comme Groulx ou les frères Gagné, il nous invite à plonger au cœur des vies humaines. Son long métrage, Celui qui voit les heures, évoque l’histoire de Jean-Pierre, un jeune réalisateur sans fortune mais avec la gloire de ses convictions qui, à travers bien des épisodes, va finir par comprendre qu’il ne pourra pas produire son prochain film. Goupil propose un archétype du cinéaste indépendant au Québec, celui qui doit se battre pour faire vivre le fruit de ses cogitations en s’opposant à la récupération normalisante du commerce et à l’illusion sur laquelle est bâti le spectacle cinématographique.

jeudi 18 avril à 21 h

Celui qui voit les heures,
Pierre Goupil, 1986, 73 min

Le documentariste Richard Brouillette, fasciné par l’œuvre de Groulx qu’il découvre à l’université, décide d’entrer en contact avec le cinéaste blessé qui vit dans un hospice à St-Hyacinthe. Ce sera le début d’une aventure qui l’amènera à la réalisation d’un long métrage sur Groulx. Ce seraTrop, c’est assez ! (1995).

Trop, c’est assez (1995) est présenté deux fois durant cet événement. La projection du vendredi est consacrée à la vie et à l’œuvre de Gilles Groulx, en présence de Richard Brouillette et d’artistes de Québec et de Montréal qui ont connu le lynx inquiet.

vendredi 19 avril à 21 h et
dimanche 21 avril à 21 h

Trop, c’est assez!
Richard Brouillette, 1995, 105 min


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